Sauvegarde et destruction de son « innocence »

 

Par Benjamin LISAN, Paris, le 2 février 2006.

 

Qu’est ce que l’innocence ?

 

Pour l’auteur de ce texte, du moins, « l’innocence », c’est un certain regard sur la vie, une capacité d’émerveillement sur la vie et les choses, c’est une certaine confiance placées les autres, un certain espoir placer dans l’humanité ou la bonté (ou encore dans la capacité du monde à s’améliorer). C’est un peu continuer à ressentir l’optimisme de l’enfance.

C’est encore une capacité à croire dans les autres, à l’humanité, à la beauté du monde, à celle des des hommes.

 

C’est, aussi, par exemple, la confiance que l’enfant a naturellement pour les parents et aussi pour les adultes.

On pourrait l’associer à certaine pureté intérieure ou des sentiments. Mais cette dernière notion de « pureté » n’est pas facile à cerner.

C’est peut-être le fait que l’on ne peut pas penser à mal, et faire le mal. Rempli d’innocence, nous sommes « purs » de tout « mal » et nous n’avons jamais aucune intention mauvaise envers les autres (et en ressentant cette pureté, cela ne nous viendrait même pas à l’esprit de faire le mal).

C’est peut-être, le fait de vivre dans un sentiments que tout est sacré ou bien de vivre dans une sorte état de grâce innocent, très modeste et humble.

 

« L’innocence », en fait, existe-t-elle vraiment ?

 

On dit que l’enfer est pavé de bonne intention, un peu comme dans la fable de Lafontaine, l’Ours et son maître, où l’ours, pour tenter de tuer un insecte sur la joue de son maître  endormis, ne se rend pas compte de sa force et tue involontairement son maître.

 

La psychologue et ethnologue américaine, Mélanie Klein, disaient que les enfants sont des « pervers polymorphes ». Très tôt, comme elle l’a constaté, les enfants peuvent être très pervers. Et pour tester leur parents et leur autorité, et voire jusqu’où ils peuvent aller, ils peuvent être assez turbulents, voire aller très loin, tant que l’on ne leurs impose pas de barrières morales.

 

L’Abbé Pierre, l’homme qui a certainement le plus défendu les démunis, les faibles, les mal logés, depuis les 50 ans dernière années en France et dont on ne peut soupçonner la malignité ou la mauvaise foi, racontait que fort jeune, il avait voulu voler son frère (ou avait menti contre lui) vers l’âge de 5, 6 ou 7 ans, et avait été fort bien corrigé par son père pour cela.

Cela lui avait donné une sacré leçon, dont il s’est souvenu longtemps. Et depuis, il n’avait eu de cesse que de bien se conduire [1].

 

Certains philosophe admettent que la conscience du bien ou du mal [de la morale] n’est pas innée, tout comme le « sentiment de culpabilité ou de culpabilisation ». Selon eux, ces derniers seraient liés à notre expérience [du plaisir et de la souffrance] et à la conscience sociale de celle-ci [de la conscience qu’à la société de celle-ci]. Ou bien cela serait lié à notre éducation, enfin aux valeurs morales que l’on [nos parents, nos proches, la société] nous a inculqué.

 

Certaines personnes peuvent très bien vivre, d’une façon totalement amorale, sans souffrir aucunement d’un sentiment de culpabilisation quelconque.

 

Ce n’est que dans certains cas _ souvent à force de recevoir des coups, conséquence de son comportement asocial _, que l’être amoral sera peut-être amené à se poser des questions sur le pourquoi « les gens nous en veulent autant », et plus tard, au bout du chemin de son esprit, se poser des questions sur son comportement. Et encore pas toujours.

Quand à l’être immoral, il sait qu’il fait mal, mais il y a, chez lui, le plaisir à transgresser les règles.

 

Il y a par exemple, la loi de l’entraînement du groupe. En groupe, en bande, on est capable de faire ou bien de commettre, sous l’influence du groupe, d’un meneur, par peur, par opportunisme, pour se faire bien voir, pour montrer qu’on est le plus fort, pour parader, par orgueil ou à cause de la loi du plus fort du groupe ou du meneur, des faits ce que l’on ne ferait pas normalement tout seul. On observe dans bien des circonstances, dans un groupe, l’effet bien connu « mouton de panurge »..

(voir, par exemple, le cas des hooligans dans les stades).

 

Souvent, surtout quand on est jeune, on peut ne pas se rendre compte de ce que l’on fait. Alors qu’en général, on se rend bien plus compte de ce que les autres nous font.

Quand on prend un bouc-émissaire, une tête de turc pour « s’amuser » à ses dépends (et qu’on commet des actes souvent gratuits juste pour le « plaisir »), on a tendance a minimiser ses actes. Alors que la victime elle prend de plein fouet la maltraitance et ne peut que très rarement minimiser les actes qu’on commet contre lui.

 

Par contre, dans d’autres circonstances, il arrive que qu’un conjoint, par amour et aveuglement, tentent de minimiser les maltraitances, qu’ils subissent de leur autre conjoint.

Et toujours a contrario, on peut s’habituer à des situations intenables, insupportables, en s’anesthésiant progressivement et en devenant insensible sentimentalement et/ou moralement à beaucoup de choses ou à tout.

 

Il y aussi le cas curieux de certaines personnes masochistes se sentant totalement ou très « pures », « sincères », quand elles sont battues, par la « maîtresse » dirigeant leur vie, dont elles sont très [follement] amoureuses.

 

Alors il y a-t-il des « pureté » partielle ou encore des « pureté abîmée » ou « hors norme » ou bien ces dernières personnes s’abuseraient-elles sur leur sentiment de pureté ?

 

Quand des personnes « transsexuelles » acceptent d’être « mutilées » (perdre leur pénis), pour réaliser leur rêve ou désir d’être femme, sont-elles « pures », « innocentes », ou bien ces personnes sont-elles « masochistes » ou pire, « désaxées », « déséquilibrée », « perverses » ou / et « déviantes » ? Qui peut juger de leur démarche ?

 

Après ce tour d’horizon, on pourrait être amené à constater que la notion du bien et du mal, ou de « l’innocence » ne sont pas toujours claires ou faciles à cerner. Mais les notions de « pureté » ou « d’innocence », sont-elle relatives philosophiquement et seulement relatives à nos déterminants culturels ? Ou bien la notion de « pureté » est-elle une notion [philosophique] « absolue » ? Sinon, il y a-t-il des déterminants moraux « absolus », intemporels ?

 

Nous aborderons maintenant, le cœur du problème de la « pureté » dans ces cas bien précis. Car,

suite à certains épisodes de notre vie, on peut se sentir « sali », « abîmé », ou « humilié » … Et on sent ou ressent confusément que ce sentiments n’est pas issu d’une « illusion » de notre esprit … Que ce que l’on a vécu de tragique a créé une véritable douleur tenace chez nous.

 

Comme exemple, dans le cas d’une femme violée par un homme ou quand un enfant, est violé, violenté par un parent ou un adulte.

 

Ou par exemple, quand un patron vous harcèle, pour vous pousser à quitter sa société, parce qu’il n’a pas le courage de vous licencier, ou juste par désir et volonté de ne pas vous payer des indemnités.

 

Cela arrive quand vous êtes détruite par une personne cherche à vous nuire, à vous harceler, jusqu’au bout, sans jamais vous l’avouer. Elle vous torture sans fin, toujours sans jamais vous l’avouer.

 

Certaines personnes se remettent de ces épreuves, et même en sortent renforcées. D’autres plus fragiles, sont détruites. Et si elle revient, elles peuvent vivre dans une amertume et un ressentiment fort durables.

 

Tout dépend de notre force intérieure, en particulier de notre force morale, elle-même dépendante de nos convictions et/ou croyances philosophiques et religieuses. Certaines nous rendent plus compassionnelles, d’autres plus haineuses.

 

Pourquoi certaines personnes cherchent-elles volontairement à vous nuire et salir ?

 

Hitler, petit enfant, peut-être plus fragile et féminin qu’un autre, et ayant peut-être souffert de l’absence d’un testicule, avait subi sans cesse l’ire, le mépris, la dévalorisation systématique, la violence sans fin, de son père alcoolique, Aloïs, un homme fort, raciste et brutal. Tandis que sa mère, peut-être masochiste, n’a fait que défendre et couver d’amour, voire aduler son fils très intelligent, Adolphe, face à son mari. Le résultat de tout cela a produit un terrible cocktail explosif.

 

Adulte, Adolphe Hitler s’est alors forgé une « philosophie morale » où tout était permis au plus fort. Dans sa conception Nietzschéenne, le « sur-homme », dont il fait parti, est au-delà du bien et du mal, et surtout sans pitié. Pour lui les conceptions morales chrétiennes, ne font qu’affaiblir l’homme.

 

Sinon, tout est alors possible pour le peuple allemand, dans l’esprit d’Hitler. 

Comme tout était aussi possible pour Hitler : tromper Staline, en montant des faux extraordinaires, comme celui qui a conduit à l’affaire de la mise en accusation du maréchal Toukhatchevski et à la décapitation de l’état major soviétique, ou encore tuer ses anciens amis, comme son ancien ami et compagnon d’arme, Ernst Röhm, patron des SA, qui avait eu le tord de contester son pouvoir, et tous les chefs de la SA, lors de la nuit des longs couteaux, du 29 juin 1934.  Ou encore tuer des membres de sa familles (tout comme l’a fait Saddam Hussein beaucoup plus tard).

 

Ou encore, enfin, n’avoir jamais aucune piété pour les juifs, quoiqu’ils aient pu faire pour la défense de l’Allemagne en 14/18 (y compris pour les anciens soldats juifs, de la 1ière guerre mondiale, ayant reçu la croix de fer, pour leur actes de courage).

 

Quand le peuple allemand a commencé à perdre la guerre, il était prêt à accepter la destruction intégrale du peuple allemand, pour sa punition.

Alors qu’ils devenait de plus en plus seul dans son bunker à Berlin, seul Hitler avait encore grâce à ses yeux d’Hitler.

 

On pourrait dire qu’Hitler était fou, déséquilibré. Pourtant, il a été indirectement à l’origine des 40 millions de la seconde guerre mondiale en Europe (dont 6 millions de juifs) et dans ce sens, il a été terriblement efficace. Est-ce lui qui était fou ou sa philosophie qui était folle et délirante ?

Hitler n’avait aucun scrupules moraux et aucun regret. Et il n’a jamais eu aucun regret, sinon le seul regret d’avoir perdu la guerre. Son échec, il le mettait sur le compte de la « juiverie internationale » et de son complot contre lui, jamais sur le compte d’une faute qu’il aurait pu commettre.

 

A contrario, des personnes ayant des valeurs morales très contraignantes, souffriront très fortement, dans leur chair, dès que par exemple, elles ne pourront tenir, leur parole ou leur engagement moral.

 

Des personnes qui ont été salies, abîmées dans leur enfance, peuvent, arrivée à l’âge adulte, à vouloir, à leur tout, faire du mal sans fin, dans une forme de vengeance [sociale]. A leur tour, ils vont salir, abîmer et détruire les autres, en particulier les enfants.

C’est comme, le « mal » se transmettait sans fin, en particulier de génération en génération, contaminait tout. Qu’il n’y a aucun moyen de faire cesser ce cercle vicieux « diabolique ».

Comme s’il y avait, en eux, un besoin compulsif, de compensation ou de réparation, de leurs propres malheurs passés.

 

Même l’innocence de l’enfance, ne les arrêtent pas (comme ce jeune adulte d’origine algérienne, connu pour sa violence, ayant violé toute une nuit, récemment, la petit Charlaine, 10 ans, du côté des Mureaux).

 

Des personnes peuvent être par certains côtés, folles, et par d’autres terriblement rationnelles et efficaces (dans l’art d’utiliser les apparences et l’art de se dissimuler et dissimuler leurs véritables intentions, aux yeux des autres et des proches). Des personnes, parmi les plus nuisibles socialement, peuvent au contraire paraître les plus positives et tromper son monde, pendant des dizaines d’années (comme les tueurs en série, comme Emile Louis, cela durant 20 ans, Michel Fourniret, durant 40 ans, comme l’escroc, Jean-Claude Roman, durant 12 ans, devenu quintuple assassin etc …).

 

Jésus disait « Malheur ! à ceux qui scandalisent [salissent] les petits enfants ! ».

 

Malheureusement, dans la vie réelle, ceux qui « détruisent l’innocence », souvent s’en tirent facilement, du moment qu’ils savent utiliser l’arme puissante des apparences (« cette faille » ( ?) dans l’univers de nos certitudes morales). Et cela peut durer longtemps.

Si vous tentez de dénoncer, de telles personnes et leurs agissement, vous risquez d’être prise à votre tour pour une personne méchante, mal intentionnée, et d’être marginalisée.

 

Ce qui les convainc les personnes, douées de « malignité », à la longue, de poursuivre et de persister dans les agissement, est le fait qu’ils pensent et voient qu’ils peuvent toujours s’en tirer, et de n’avoir pas à craindre, en fait, une possible punition divine, dans un avenir plus ou moins lointain.

 

En plus certains comportements, intentions de nuire, certaines malignité, certains désirs de nuire, de tromper, d’abuser autrui, peuvent devenir une drogue, pour ces personnes. Tout comme le sentiment de puissance, dont on jouit en tuant les autres, moteur de beaucoup de tueurs en série.

 

Dans le christianisme et dans le Bouddhisme, il y a la notion du pardon et la possibilité offerte à la personne, ayant fauté, de se racheter de leurs fautes passés. C’est une des conceptions les plus « christique » du christianisme.

Mais beaucoup au contraire, soit par conformisme social, soit par la peur très légitime de ne pas se faire rouler [une nouvelle fois], soit aussi par dureté de cœur, et manque total de compréhension et paresse intellectuelle, soit par désir de vengeance universelle, ne donne aucune chance à la personne de se racheter. Il la condamne à vie.

 

Chez certaines personnes, afin de se sentir plus forte, toutes leurs décisions sont irrémédiables, sans appel. Elle ne font jamais aucune concession. Cela les renforce dans leur certitudes. C’est aussi une philosophie de vie. Dans cette attitude intransigeante, il peut y avoir aussi une volonté d’augmenter sans fin, son pouvoir et sa domination.

 

Certains adeptes d’une conception chrétienne dure, prônent aussi la peine de mort, bien que cela semble contradictoire pour un chrétien.

 

Chez eux passe avant tout, la punition, la répression [le fauteur doit payer, rubis sur l’ongle, ses fautes], bien avant toute possibilité du rachat ou de rédemption.  Le plus souvent, en fait, ils ne croient pas à la possibilité du rachat. Pour eux, le criminel sera tout le temps criminel. Et même s’il se « rachetait », ils seraient marqué  à vie du sceau de l’infamie et par son crime. Il devra expier sans fin.

C’est pourquoi, d’ailleurs, Georges Bush n’a pas empêché l’exécution de Carle Tucker, une meurtrière, après 8 ans de vie dans le couloir de la mort, malgré son mariage avec le pasteur aumônier de la prison, et malgré le fait qu’elle ait changé, au niveau de son comportement et ses conceptions morales et qu’elle se dévouait, maintenant, pour les autres.

Chez ces personnes partisans de la Bible et du fusil, c’est la loi du Talion, œil pour œil, dent pour dent.

 

Le criminel resta le criminel, le saint restera le saint. Et il n’y a pas de pont entre les ces deux états de conscience intérieure.

 

Et ce personnes se méfieront toujours très fortement, si le criminel semble s’améliorer moralement (Les cas de meurtriers récidivistes comme Patrick Henri, Pierre Bodein, dit Pierrot-le-fou … ne font d’ailleurs que confirmer les certitudes de ceux qui ne croient pas à la possibilité de rédemption des criminels).

 

Certaines personnes sont conditionnées par leurs propres pensées, convictions, conceptions, et sont comme dans des rails intellectuels desquels ils ne peuvent se sortir. On rencontre, très fréquemment, le  phénomène narcissique de dissonance cognitive. C’est comme si tout le monde était le référentiel cartésien de l’Unique Vérité.

 

Pouvons-nous conserver ou retrouver notre « innocence » ?

 

Jésus affirmait quelque chose comme « Bienheureux, ceux qui ont le cœur pur, ou ceux qui sont comme des petits enfants, car ils verront le royaume de Dieu [i.e. « ils verront Dieu »] ».

(ou quelque chose comme « Bienheureux les simples d’esprits » ou encore écrit / traduit par « heureux les pauvres d'esprit » [c’est à dire, ceux qui ont gardé leur esprit d’enfance, leur innocence d’enfant, leur capacité d’émerveillement …].

 

Malheureusement, le monde semble ne pas être aussi idyllique et être souvent injuste. Certaines personnes bénéficient une enfance relativement heureuse, comme l’Abbé Pierre, et peuvent conserver leur « pureté ». Et même, pour le restant de leur vie, ils ne sont que peu touchés par les épreuves.

 

D’autre, au contraire, semblent cumuler tous les malheurs et être destiné à être abîmés.

 

Pour certaines courants mystiques ou/et charismatiques du christianisme (Adventistes du 7° jours, évangélistes …), il suffiraient de se convertir, d’avoir la foi en Dieu et Jésus, pour que ses pêchés soient « pardonnées » et/ ou qu’on redeviennent « immédiatement pur ». C’est comme on bénéficiaient d’un « reset », « d’une remise à zéro de ses pêché ».

 

Pour d’autres chrétiens, ces conceptions « évangéliques » semblent un peu naïves.

La conversion au christianisme ne nous dédouane pas, du poids de ses fautes et n’ôte pas le fait qu’on aura à payer ses fautes ou crimes passés. Au contraire, le converti doit tout faire pour demander à Dieu comment se racheter, et agir dans le sens du « bien », afin de « bénéficier d’un rachat ».

Pour le courant protestant, on ne doit pas s’enorgueillir de ses actions et seul Dieu accorde sa grâce (et permet nous « racheter » à ses yeux).

 

Un criminel, qui commis un crime atroce, peut-il intégralement « racheter » sa faute passée ?

Il y a-t-il la possibilité, même faible, même infime, qu’un criminel endurci, s’abonde et devienne un « saint homme » ? Ou n’est qu’une vue de l’esprit bien naïve ?

 

En conclusion

 

L’auteur de ce texte ne peut répondre à cette question, mais il garde l’espoir qu’il a toujours une possibilité même faible, pour tout être humain, de se racheter, au moins partiellement, de ses erreurs ou fautes passées. Et que ceux qui sont mal parti dans la vie, avec des lourds handicaps (misère sociale, contexte familial trouble ou défavorisé, intellectuellement, culturellement, voire moralement), peuvent toujours trouver une voie vers une autre vie.



[1] A l’âge de 73 ans, il a même avoué qu’Adolescent, il avait eu de forts désirs sexuels pour des garçons.